En Architecture Durable, la
matière sensible est l’être humain. En effet, la démarche intègre dans des actions de bâtir locales, une
vision globale tendant à pérenniser l’activité humaine à l’échelle planétaire.
Toutes les réflexions portent sur l’adéquation entre l’Homme et son
environnement, plus particulièrementbâti. La construction et la vie des bâtiments contribuent à plus de 50%
des émissions de gaz à effet de serre. En créant des bâtiments moins
consommateur d’énergie et plus Eco-responsable, on protège l’environnement et
donc la nature. L’HOMME, matière sensible doit prendre conscience qu’il vit
dans un monde fini, que la terre ne possède que des ressources limitées, et qu’elle
est donc elle-même sensible aux actions de l’Homme.
La ville devenant de plus en plus un véritable refuge, il nous faut nous intéresser à nos futurs besoins en énergie. L’augmentation de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre suit la même courbe que l’expansion des villes et la croissance du niveau de vie. Nous savons maintenant que notre atmosphère n’est plus en mesure d’absorber ces émissions et qu’il est nécessaire de disposer d’équipements énergétiques produisant moins de CO2, à savoir d’équipements durables. Mais en quoi consistent ces équipements énergétiques durables ?
L’énergie durable est une énergie dont les êtres humains peuvent disposer pendant une durée illimitée et dont l’usage n’a pas d’impacts négatifs sur l’environnement non plus que pour les futures générations. L’énergie durable est par conséquent aussi appelée énergie renouvelable. Parmi les formes d’énergie durable, on compte l’énergie géothermique (chaleur du sous-sol ou stockage de la chaleur et du froid), l’énergie solaire (production de chaleur et transformation de l’énergie solaire en électricité), l’énergie éolienne (turbines éoliennes), l’énergie hydraulique (donc aussi énergie marémotrice et énergie des vagues) et la bioénergie naturelle. Cette dernière forme d’énergie durable utilise la combustion ou la macération des plantes, ou la transformation de la biomasse directement en essence, diesel ou gaz. Ni l’utilisation du soleil, du vent ou de l’eau, ni la géothermie ne produisent d’émissions de CO2, alors que la biomasse en produit toujours, mais ces émissions de CO2 sont absorbées lors de la photosynthèse de la future biomasse. Dans ce sens, la biomasse est un carburant à bilan carbone neutre. Les autres formes d’énergie durable sont les formes d’énergie ne produisant pas de CO2 et sont donc préférables à l’usage de la biomasse.
Le projet de l’Ambassade de France à Tokyo s’inscrit dans la lignée directe de notre démarche, qui se veut par évidence, environnementale et durable.
Le projet est né de la nécessité de gérer un dénivelé important entre la façade du nouveau bâtiment et le terrain existant en un minimum d’emprise au sol. La contrainte topographique a généré un travail sur la verticalité qui nous semblait alors logique sans vouloir toutefois faire « un mur ». C’est ensuite l’observation in situ des milieux naturels Tokyoïtes d’ombre en bord de rivière, qu’est venue l’idée de faire de la paroi un véritable écosystème qui trouverait son équilibre de manière autonome en réunissant toutes les conditions nécessaires à la colonisation par des plantes pionnières.
A travers le projet, nous avons travaillé au respect et au renforcement de la biodiversité naturelle de Tokyo afin de conserver un écosystème originel. Ainsi le minimum d’arbres ont été abattus. Les conditions particulières au Japon, son climat ainsi que les fortes contraintes sismiques nous ont donné l’occasion de concevoir une paroi unique dans sa constitution et son procédé de construction. Le fonctionnement de ce mur reste d’une grande simplicité afin d’en assurer la pérennité. Ce parement de surface est aussi issu d’un travail fin sur les conditions de colonisation par les plantes qui nous a amené à établir une granulométrie, un pH mis en œuvre lors de la réalisation de prototypes de test. L’objectif est donc de réunir les conditions pour initier une colonisation naturelle. Nous laissons la nature œuvrer.
Nous avons mis au point, en collaboration avec les Japonais, une structure légère ajourée afin de pouvoir parcourir le mur de l’intérieur pour une maintenance aisée. Les conditions climatiques permettent un arrosage modéré et ponctuel. L’eau consommée est issue du stockage des eaux pluviales du bâtiment dans des réservoirs situés sous la rampe d’accès.
Les mesures citées en faveur de la santé ont pour avantage supplémentaire d’entraîner une diminution de la consommation d’énergie et peuvent donc être considérées comme éco-énergétiques. Il faut donc aussi répondre aux besoins en matière de ventilation en donnant la possibilité d’ouvrir des fenêtres, ce qui a un aspect psychologique indéniable.
En effet, il est faux de penser que le fait d’ouvrir des fenêtres augmente la consommation énergétique. Je reviendrai en détails sur ce point dans une autre contribution.
Priorité à la santé !
Les mesures apparemment logiques en faveur de la santé mentionnées ci-dessus ne sont appliquées dans leur ensemble que de façon sporadique dans les projets ou les constructions réalisées. Par conséquent, il y a des progrès à faire en matière de santé. Lors de chaque projet, vous devez donc accorder la priorité aux aspects du domaine de la santé.
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